Un nouveau cap pour le tourisme domestique tunisien
La Tunisie amorce un virage stratégique en matière de développement touristique en misant activement sur le tourisme intérieur. Le pays, longtemps centré sur l’accueil des visiteurs internationaux, fait aujourd’hui du tourisme domestique un pilier de sa relance économique et sociale après la pandémie. L’État affiche clairement ses intentions : renforcer la résilience du secteur, alléger sa dépendance vis-à-vis des marchés externes et redynamiser les régions à fort potentiel touristique.
Une stratégie nationale pour structurer le marché local
La dernière initiative gouvernementale traduit cette volonté de transformation par le lancement d’une stratégie nationale spécifique dédiée au tourisme intérieur. Cette feuille de route prévoit des actions concrètes en faveur de l’organisation des flux touristiques locaux, la valorisation des produits régionaux et l’amélioration des conditions d’accueil pour les Tunisiens eux-mêmes. L’accent est mis sur les mobilités internes, les produits adaptés aux besoins du marché local et une meilleure intégration des territoires moins exploités touristiquement.
Un budget de 1,5 million de dinars a été débloqué pour l’Agence de protection et de développement du tourisme intérieur, afin de soutenir cette démarche ambitieuse. Cette enveloppe initiale permettra de financer une série d’études, d’actions pilotes et de campagnes de sensibilisation visant à stimuler la demande domestique et à structurer l’offre partout sur le territoire.
Planification active pour la période estivale 2025
Les autorités touristiques tunisiennes ciblent d’ores et déjà l’été 2025 comme échéance majeure pour démontrer l’efficacité de cette stratégie. L’objectif est de mettre en place dès maintenant un calendrier d’actions concertées avec les opérateurs privés, sociaux et institutionnels, pour concevoir des séjours accessibles, diversifiés et adaptés aux habitudes des voyageurs locaux.
Cette dynamique entend aussi répondre aux inégalités régionales en matière d’infrastructures et de services. Les villages du Nord-Ouest, les oasis du Sud ou encore les stations thermales de l’intérieur du pays bénéficieront d’un appui renforcé pour développer leur attractivité. Les activités en plein air, l’écotourisme ou les circuits culturels de proximité seront mis à l’honneur.
Soutien affirmé aux acteurs régionaux du secteur
La réussite de cette politique repose également sur l’engagement accru des opérateurs régionaux. L’État prévoit des mesures incitatives pour stimuler les investissements privés dans l’hébergement alternatif, la restauration locale, ainsi que la formation à l’accueil et à la gestion de projets touristiques communautaires.
Ce soutien pourra s’inspirer de modèles étrangers qui ont su mobiliser leur population autour de la redécouverte du patrimoine national, à l’image d’initiatives existantes en Europe. D’ailleurs, certaines stratégies visant à faire de territoires comme l’Île-de-France la première destination mondiale de tourisme peuvent servir de référence pertinente (ambitions de développement territorial tournées vers la valorisation des attractions locales).
Ce tournant vers un tourisme centré sur les citoyens tunisiens ouvre donc des perspectives de croissance inclusives et durables. Il marque un changement de paradigme stratégique pour un secteur en quête d’équilibre et de diversification.